EXPOSITION Autres mondes

Au 29 rue de Bourgogne, 75007 Paris, dans les murs de "Peinture Fraîche"

du 19 au 25 juin 2017, 12h30 - 19h

exposition collective présentée par AR'CIME

 

A l'occasion de cette exposition, je présente des dessins en techniques mixtes marouflés sur toile de la série "Bancs de poissons".

EXPOSITION Thèm'Art#5 frontières

Oeuvre présentée: Carrés de prairie de Sarajevo, 2017

Vidéo, noir et blanc, son, 2'50''

Ensemble de dessins, technique mixte sur papier

 

Le projet Carrés de prairie de Sarajevo tente de figurer un souvenir personnel lié à l’expérience d’un lieu, d’une ville et d’un territoire.

Etrangère et de passage dans la ville de Sarajevo en 2006, je ne pouvais saisir que partiellement la complexité de l’histoire du lieu et du territoire que je traversais. Au détour d’un virage sur la route qui montait à une colline, j’ai observé un espace entre deux maisons où la végétation était sauvage et foisonnante. Dans la même journée, je rencontre des militaires qui me montrent une carte figurant par des points rouges le tracé d’un encerclement à l’intérieur de la ville de Sarajevo. Chaque point de la carte révélait une zone potentiellement minée. Les militaires me conseillent alors de ne pas poser le pied sur les terrains délaissés. Les mines, enfouies sous la terre, restent des objets témoins des positions Serbes lors du siège de Sarajevo de 1992 à 1995 durant la guerre de Bosnie-Herzégovine, matérialisant une frontière militaire révolue.

Je me suis intéressée au potentiel imaginaire de cette cartographie de l’invisible liée à la mémoire du territoire. Le relevé cartographique, une fois décontextualisé, devient un motif autonome. Ce motif évolue en disparaissant point par point dans l’animation vidéo. Le refrain de la chanson «Sarajevo Ljubavi Moja» («Sarajevo mon amour», Kemal Monteno, 1976), que j’interprète, passe en boucle, s’intercalant dans l’image comme une rengaine de l’époque d’avant guerre. Le dessin figurant un espace débordé par la végétation, quant à lui, fait l’objet d’un effort de remémoration.

Vues de l'exposition "Hybridations" (avril 2015)

WORK IN PROCESS... happening spontané

Captation et montage vidéo: Valérie Holmeier

 

Dans la figure de l’arbre j’explore une anatomie possible, par analogie aux tissus organiques; l’arbre est mon repère primaire mais je m’en éloigne.

 Un autre volet de mon travail concerne l'élaboration d'un récit graphique (dessins et texte) intitulé "Oleo en las venas", qui raconte l'histoire d'un artiste Chilien contemporain venu à Paris pour réaliser un rêve de peintre. En cours.

 

Dans la ville de Rio de Janeiro au Brésil, j’ai été frappée par la vue des arbres dont les racines soulevaient les pavés et le goudron des routes pour tenter de s’en extraire.
Rio de Janeiro, Bahia, Minas Gerais. Marquée par le travail de Frans Krajcberg, sculpteur de la déforestation, j’ai travaillé dans ses ateliers et marché dans ses pas en dessinant les arbres sur le motif, dans la proximité de leurs formes organiques.
A mon retour, j’ai poursuivi ma pratique en atelier et je présente aujourd’hui l’arbre comme un « corps » dont la nature reste à définir. L’arbre devient l’objet et le terrain de métamorphoses, donnant naissance à des anatomies possibles.
Mon dessin est en cours d’hybridation, il mêle une expression graphique mixte en noir et blanc, des zones peintes à l’acrylique et des réserves, avec l’inclusion partielle de fourrure synthétique. Au moyen du grand format - à la dimension de mon geste graphique -, je cherche à me rapprocher de la véritable échelle de l’arbre. Les figures traversent le format à l’échelle 1, comme pour chercher des appuis au dehors et s’échapper aussi, ou grandir à l’extérieur ; et certaines s’horizontalisent.

Partie d’un dessin en noir et blanc, la couleur et la peinture sont arrivées après ; en circulant dans la forme comme un corps étranger. En traitant le fond en aplat monochrome, je tente d’« extraire » la figure.


La série intitulée Arvores - Cor (2014) fait référence au mot « cor » en tant que réaction épidermique (excroissance dure de la peau due à un contact ou une pression répétés et située sur le pied, membre en liaison avec la terre), en tant que traduction du portugais du mot « couleur », et en tant qu’homonyme du mot « corps ». Elle fait suite à la série Arvores (2008 - 2013) initiée au Brésil.
L’installation Sangue correndo (2014), réalisée en deux parties (travaillée à la verticale, puis au sol) et présentée sur deux plans (vertical - horizontal), propose plusieurs niveaux de lecture. Elle illustre une façon de ré-enraciner symboliquement l’arbre en ré-établissant un contact physique avec le sol.
Les formes de mon travail évoluent au delà de la deuxième dimension, en écho au mouvement qui les traverse et qui trouve sa dynamique dans l’espace et dans mes gestes.



Morgane Planchais // Atelier 9 place St Michel, Paris 6ème - Association Jour et Nuit Culture (présidente) // www.morgane-planchais.com

Photo Alain Massa
Photo Alain Massa